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2004 - Volume 45 > Numéro 1

ISSN 0035-2969

École publique, école privée. Comparaison des trajectoires et de la réussite scolaires
Chloé TAVAN

pp. 133-165

 

Ce texte propose, sur la base d’une exploitation du panel 1989 de l’Éducation nationale, de poursuivre l’entreprise de comparaison de la réussite scolaire entre le secteur privé et le secteur public initiée par G. Langouët et A. Léger dans leur ouvrage École publique ou école privée ? Trajectoires et réussites scolaires publié en 1994. Après avoir présenté, à travers un état des lieux des recherches américaines, l’importance potentielle des biais de sélection et la nécessité de les prendre en compte, cet article compare les deux secteurs selon deux axes : celui de l’efficacité de chaque secteur, c’est-à-dire sa capacité à produire un résultat global, et celui de son équité, c’est-à-dire sa capacité à réduire en son sein les inégalités sociales de réussite. L’avantage apparent d’une scolarisation continue dans le privé mis en évidence par G. Langouët et A. Léger ne se maintient pas toujours lorsque l’on raisonne sur des élèves rendus comparables. Le fait de fréquenter un établissement privé est ainsi au mieux sans influence sur le parcours effectué dans le cadre du collège. Cet effet global varie selon la position relative du secteur privé dans l’offre scolaire locale : dans les territoires de forte implantation du privé, les trajectoires scolaires des élèves, de même que leur recrutement social, diffèrent peu entre les deux secteurs. Enfin, conformément aux résultats établis par G. Langouët et A. Léger, le secteur privé semble connaître en son sein des écarts sociaux de réussite moindres.

Öffentliche Schule, Privatschule. Vergleich der Schullaufbahnen und des Schulerfolgs

Aus der Auswertung eines 1989 erstellten Panels der Éducation nationale, möchte dieser Aufsatz die Vergleichsarbeiten fortsetzen zum Schulerfolg zwischen privaten und öffentlichen Schulen, wie G. Langouët und A. Léger sie in ihren 1994 veröffentlichen Werke : École publique ou école privée ? Trajectoires et réussites scolaires begonnen haben. Dieser Aufsatz stellt zunächst, anhand einer Bestandsaufnahme der amerikanischen Forschung, die potentielle Bedeutung der Selektionsverzerrungen und die Notwendigkeit zu ihrer Berücksichtigung vor, und vergleicht anschließend beide Sektoren in zwei Richtungen : die Richtung der Effizienz jedes Sektors, d.h. seiner Kapazität ein Gesamtergebnis zu produzieren, und die Richtung seines Gleichbehandlungswillens, d.h. seiner Fähigkeit, die sozialen Unterschiede zum Erfolg zu reduzieren. Der scheinbare Vorteil einer ununterbrochenen Einschulung im Privatsektor, wie von G. Langouët und A. Léger aufgezeigt, kann nicht immer beibehalten werden, wenn die Untersuchung mit vergleichbar gemachten Schülern geführt wird. Der Besuch einer Privatschule ist somit bestenfalls ohne Einfluß auf die Laufbahn im Rahmen eines « Collèges ». Dieser Gesamteffekt ist unterschiedlich entsprechend der relativen Position des Privatsektors im lokalen Schulangebot : in Gebieten mit häufigen Privatschulen verläuft die Schullaufbahn der Schüler und ist ihre soziale Herkunft wenig unterschiedlich zwischen beiden Schulsektoren. Schließlich entsprechend den von G. Langouët und A. Léger aufgezeichneten Ergebnissen, scheint der Privatsektor geringere soziale Unterschiede im Schulerfolg aufzuweisen.

Escuela pública, escuela privada. Comparación de las trayectorias y los éxitos escolares

En base de la explotación del panel 1989 de la educación nacional, este texto propone continuar la empresa comparativa del éxito escolar entre el sector privado y el sector público iniciado por G. Langouët y A. Léger en su obra École publique ou privé ? Trajectoires et réussites scolaires publicadas en 1994. Después de haber presentado, el punto exacto de las investigaciones americanas, la importancia primordial de los rodeos de selección y la necesidad de tomarlos en cuenta, este artículo compara los dos sectores de acuerdo a dos ejes : el de la eficacidad de cada sector, es decir su capacidad a producir un resultado global, y el de su equidad, o sea la capacidad de reducir en su seno las desigualdades sociales de éxito. La ventaja aparente en lo privado de una escolarización continua puesta en evidencia por G. Langouët y A. Léger no siempre es mantenida cuando se reflexiona comparativamente sobre los alumnos. El hecho de frecuentar un establecimiento privado a lo mejor no tiene influencia en el ciclo efectuado en el marco escolar. Este efecto global varía de acuerdo a la relativa posición del sector privado en la oferta escolar local : en las áreas de importante implantación de lo privado, las trayectorias escolares de los alumnos, al igual que su reclutamiento social, entre los dos sectores difieren poco. Finalmente, de acuerdo a los resultados establecidos por G. Langouët y A. Léger, el sector privado parece conocer en su seno las variaciones sociales de triunfos menores.

 

 

 
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