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1996 - Volume 37 > Numéro 1

ISSN 0035-2969

L’histoire de la statistique, laboratoire pour la théorie sociale
Libby SCHWEBER

pp. 107-128

 

La politique des grands nombres d’Alain Desrosières et La mesure de l’État d’Éric Brian sont consacrés à l’histoire des statistiques ou des mathématiques, dans leurs liaisons avec les sciences sociales et l’administration. Une comparaison de l’approche théorique développée dans ces deux ouvrages permet d’examiner ce que les développements récents en histoire et en sociologie des sciences permettent d’apporter à la sociologie dans son ensemble. Si l’un et l’autre se positionnent par rapport aux problèmes soulevés par le constructivisme et le relativisme, ils ne le font pas de la même manière, ce qui s’observe à la fois dans les questions qu’ils posent, dans les méthodes qu’ils adoptent, et dans le type de réponses qu’ils recherchent ? voire dans la période couverte par chacun, courte et fouillée chez É. Brian, longue et extensive chez A. Desrosières. Pour ce dernier, le constructivisme se traduit par le souci des conséquences politiques du caractère construit des objets statistiques. Sa position, au fond relativiste, s’accompagne d’une approche classificatoire, visant à faire ressortir ce qu’il considère comme étant les caractéristiques intrinsèques (et trans-historiques) de la statistique. Au contraire, É. Brian propose un type de constructivisme méthodologique qui prend en compte à la fois le caractère construit des sources historiques et celui de sa propre analyse. Cette approche est liée à une position réaliste, qui fonde sa tentative d’exercer un contrôle épistémologique sur la construction de son objet.

 

 

 
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